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Un jour, un peuple : les Succubes

Un jour, un peuple : les Succubes

Et pour clore la série de focus sur les peuples oniriens de Vestiges, je vous présente une des espèces les plus minoritaires, mais néanmoins centrale, syncrétisme de diverses créatures mythologiques ou folkloriques décrivant de sublimes tentatrices capables d’exacerber le désir chez les hommes et de s’en nourrir. Démons, fées, spectres hantant les rêves… Quelle que soit leur culture d’origine, ces légendes évoquent à chaque fois la faiblesse des hommes pieux soumis aux tentations féminines, ces corruptrices diaboliques. Eternel alibi des patriarcats. Dans Vestiges, ces légendes portent toutes le même nom et le même visage : celui des Succubes.

Leur apparence humanoïde inclut de courtes cornes et des membres postérieurs fins et délicats rappelant ceux de la gazelle, ainsi qu’une longue et fine queue qui dodeline suavement contre leur croupe. Leurs iris rouge vif et les fentes verticales de leurs pupilles nous rappellent de prendre garde à la damnation que leurs bons soins promettent à ceux qui osent s’y abandonner. Du moins selon les prêches de l’Eglise de la Rédemption.

Bien que séduisantes avec leurs attributs inhumains, elles peuvent prendre les traits correspondants à vos fantasmes les plus enfouis, sans limite de genre ou de race, sans même que vous ayez à leur révéler. Elles réalisent cet exploit grâce au lien empathique qu’elles établissent naturellement avec toute autre créature consciente. Ce lien leur donne une compréhension intuitive de votre état émotionnel qui leur permet de vous connaître mieux que vous le pourriez vous-même. Et accessoirement de savoir dans quel registre émotionnel elles peuvent se nourrir en vous. Bienvenue au restaurant de l’âme.

Voir et comprendre votre état mental leur permet de se nourrir de vos plus ardentes pulsions ou de vos émotions les plus intenses. Oh, vous n’en mourrez pas, contrairement aux légendes urbaines véhiculées par leurs détracteurs, mais pendant quelques semaines vous risquez de sombrer dans une apathie légère, et d’expérimenter un détachement émotionnel qui inquiétera vos proches. Les hommes d’affaires, les joueurs d’échecs professionnels, ou encore les enquêteurs font couramment appel à leurs services afin de se « purger » de leurs parasites mentaux à la veille d’une importante tractation, épreuve, ou enquête ; ils conservent ainsi toute leur concentration.

Leur faculté à changer d’apparence et à lire les émotions leur a valu un contrôle strict de leurs pouvoirs par le Conclave, sans parler de leur appétit psychique, dont beaucoup sont encore convaincus qu’il pourrait devenir une arme mortelle si les succubes le souhaitaient. Une hypothèse qui reste encore à vérifier.

Sans surprise, les cadres légaux les autorisant à exploiter leurs facultés ne sont pas toujours des plus reluisants : sitôt après l’Apocalypse, elles furent reléguées au rang de prostituées à cause de leur sensualité et de leur tendance à exacerber les désirs charnels. En effet si elles peuvent se nourrir de toutes les émotions, ce sont les énergies sexuelles dont elles raffolent le plus. Quoi de plus normal pour ce qui préside à la reproduction et donc à la vie ? Pour dégradant que soit ce rôle, il leur a permis de se faire une place dans la société du nouveau Commonwealth, et pas des moindres, puisque leurs services se payent généralement rubis sur l’ongle avec une liste d’attente à laquelle même les plus riches doivent se plier.

Mais leurs talents ne se limitent pas qu’au sexe et aux fantasmes. Leur empathie surnaturelle en fait des psychologues de premier plan pour peu qu’on ose les consulter et s’ouvrir à elles. Après une séance, les dépressions chroniques ou les pulsions désapprouvées par les bonnes moeurs peuvent alors être oubliées quelques temps. De prostituées, elles ont peu à peu conquis d’autres professions, dans toutes les cités-bastions de la Brume. Courtisanes de luxe ou Geishas japonaises, elles allient séduction, maîtrise de la discussion, culture générale, arts scénique et musical, pour vous faire passer LE moment unique de votre vie, directement inspiré de vos désirs les plus fous.

Sans leur contribution au bien-être mental des survivants de l’Apocalypse, nul doute que la Traque leur aurait réservé un tout autre sort. Elles peuvent évidemment se lancer dans n’importe quelle autre profession, et quelques unes ont cherché à mener une autre destinée que celle de leurs sœurs, mais cela ne les rend pas moins dangereuses aux yeux des autorités, qui ne relâchent pas leur vigilance à leur sujet. Certaines mènent une double vie en tant qu’espionnes indépendantes et revendent à d’autres les informations récoltées auprès de leurs clients. De là à penser que le Conclave lui-même emploie de tels services, il n’y a qu’un pas.

D’un naturel solitaire, elles ont rarement une vie de famille et apprécient les professions libérales. On ne leur connaît pas de mâles. Tout comme les Nymphes, elles peuvent se reproduire avec d’autres espèces et de ces unions naissent de nouvelles Succubes.


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Bienvenue !

Auteur de romans de fantasy victorienne, je parle ici de mes livres, de leurs personnages et lieux emblématiques, et de tout ce qui a pu inspirer ou participer à leur naissance.

Mes livres

Vestiges – T1 : Conspirations

Vestiges – T2 : Le Collectionneur

Vestiges – T3 : Apocalypses