Le Petit Peuple regroupe tout un assortiment d’espèces féériques, dont les Pixies et les Leprechauns sont les plus représentés dans le Commonwealth. De taille plus ou moins réduite comme leur nom le laisse supposer, ils partagent des origines communes ancrées dans les légendes celtiques.
Avant la Conjonction, les fées résidaient dans des lieux magiques, inaccessibles et pourtant si proches, dissimulés dans les replis de la réalité : les sidhes. Malheureusement, ces réalités ont disparu en s’entrechoquant avec la Terre. Aujourd’hui le Petit Peuple ne peut plus compter sur ses cachettes d’antan et doit apprendre à vivre parmi les autres peuples. Les alcôves et les faux plafonds des maisons gothiques, les bosquets touffus des squares urbains et les villages de Rubbleton à Londres, sont leurs nouveaux royaumes communautaires, mais une légende urbaine prétend qu’il resterait quelques sidhes encore rattachés aux bastions comme de fragiles tumeurs féériques.
Pixies
Les Pixies sont de toutes petites créatures volantes aux couleurs chatoyantes et dotées de larges ailes insectoïdes aux formes diverses (papillons, libellules). D’un naturel joueur et gourmand, ils ne tiennent pas en place et sont difficiles à canaliser, tant ils craignent l’Ennui par-dessus tout. Pour eux, ce « grand ennemi » est aussi mortel qu’une épidémie de peste noire.

Leur vélocité et leur capacité à porter des charges extrêmement lourdes (du moins pour leur taille) en font d’excellents courriers.
On s’interroge d’ailleurs sur le ratio exact, et la légende populaire veut qu’ils puissent lever 10 fois leur poids comme les fourmis. Des études en xénobiologie auraient été menées pour étudier la chose dans le détail mais, à vrai dire, tout le monde s’en fiche. Il y a vraiment des gens qui n’ont rien de plus intéressant à faire, j’vous jure…
La plupart des maisons de maître comptent parmi leurs domestiques une famille de pixies pour s’occuper des petites courses, des échanges épistolaires, ou tout simplement pour apporter un peu de bonne humeur entre ses murs (ce qui arrive de toute façon, c’est fourni avec le lot). On en trouve également à tous les étages de la fonction publique où ils sont chargés de transmettre des messages entre les services ou les équipes pour fluidifier les opérations internes.
Il est courant d’assister à leur ballet scintillant lorsqu’on lève le nez vers le ciel à n’importe quel endroit des bastions. Ils laissent derrière eux un sillage éphémère de poudre féérique qui dessine des arabesques dans le ciel urbain.

Vous voulez vous assurer de leur professionnalisme ? Un pourboire de pâtisserie ou de confiserie devrait suffire à les motiver.
Cette pratique est si populaire que l’embonpoint de ces lilliputiens a commencé à croître, au point que des clubs de remise en forme pour pixies sont apparus sous la tutelle du Petit Syndicat (organisation qui regroupe l’ensemble des professions féériques).
En dehors de pouvoir soulever des charges très lourdes, ils sont connus pour disposer de pouvoirs mineurs qu’ils utilisent pour faire de bonnes blagues, mais ces facultés sont jugées néfastes à l’ordre public et aux bonnes moeurs, aussi leur utilisation a-t-elle été proscrite. Pourtant, dénouer des lacets de corsages en pleine rue ou matérialiser du poil à gratter dans les bottes, il n’y a rien de meilleur pour le moral – d’après une étude pixie.
En pratique il est virtuellement impossible de savoir lequel de ces chenapans a commis le forfait, c’est pourquoi le Conclave pratique les punitions groupées en ciblant des communautés entières pour faire bonne mesure, même si en réalité peu de plaintes sont proférées suite à des farces et que les pixies ont appris à éviter la maréchaussée lorsqu’ils se sentent d’humeur badine. Toutefois le caractère aléatoire des sanctions suffit à refroidir les ardeurs du plus grand nombre. Surtout leur nature, à vrai dire. Être enfermé dans une boîte privée de couleurs et de fenêtres, sans rien à faire de sa journée est pour eux la pire des tortures.
Leprechauns

Bien plus rasoirs, du point de vue des Pixies, les Leprechauns sont obsédés par les richesses matérielles et en particulier tout ce qui brille, surtout si c’est en or. Les lutins volants ont beau dire, ils sont presque aussi facétieux que leurs cousins. Juste un peu plus « sérieux ».
Bien plus stables et tempérés que les pixies, malgré leur espièglerie pince-sans-rire, il font d’excellents banquiers, usuriers, comptables… D’une façon générale, il est rare de voir un Leprechaun se détourner du commerce ou des finances, et dans ce domaine ils sont redoutables. Méfiez-vous de leurs bons mots et de leurs sarcasmes qui, feignant de briser la glace, ne sont que diversions pour endormir votre méfiance… la queue du scorpion est bien là, prête à piquer dans votre bourse, même si elle est ressemble à une main gantée de velours brodé de fils d’or.
Ceux qui renâclent à entrer dans le rang de la bonne société se tournent vers des affaires où la comptabilité est plus… tolérante. Nombre de gangs comptent parmi leurs membres quelques Leprechauns chargés des larcins ou de la trésorerie.
La légende prétend qu’ils accorderaient trois voeux à celui qui parviendrait à les attraper. Mais cela valait sans doute avant la Conjonction, quand ils pouvaient se réfugier dans les sites sacrés féériques, les sidhes, des lieux fabuleux aux couleurs de l’arc-en-ciel. Aujourd’hui ce pouvoir a disparu avec les sidhes, mais leur amour de l’or et des farces a persisté et, comme une compensation à leur perte, cet amour s’est intensifié au point de devenir une raison d’être.
Ils possèdent encore quelques pouvoirs qui, sans accorder des voeux au tout-venant, ont été jugés assez nuisibles pour faire l’objet d’un mandat restrictif du Conclave. Outre l’usage de quelques sortilèges de farces et attrapes, comme les pixies, ils seraient capables de créer de l’or à la demande, mais ne vous y trompez pas : il ne s’agit que de monnaie de singe ; bien vite, les écus rutilants que vous pensiez avoir empochés se révèlent aussi ternes et inutiles que de vulgaires bouts de ferraille. Néanmoins les commerçants Leprechauns excédés n’hésitent pas à employer ce subterfuge face aux clients irrespectueux pour leur donner une bonne leçon. Quant aux lutins appartenant à la pègre, l’usage est plus fréquent qu’à l’accoutumée.
Au quotidien, comme il est de coutume de refuser l’or d’un Leprechaun, on a tendance à faire l’appoint lors d’une transaction, ou de faire cadeau de la monnaie à titre de pourboire, voire carrément d’éviter la monnaie fiduciaire en exigeant un autre mode de paiement. Cela ne facilite pas leurs commerces, aussi doivent-ils faire la différence en proposant des biens rares ou de première qualité. Les boutiques Leprechauns sont donc parmi les plus cotées.












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