Les centaures sont issues des légendes grecques. Après la fin des premières guerres de territoires consécutives à la Grande Conjonction, les hordes nomades les plus agressives furent matées sans pitié et forcées de s’intégrer pour survivre. Malgré leur caractère indomptable, les centaures se firent très vite une place de choix dans la société humaine comme gardes ou manutentionnaires, tirant parti de leur force herculéenne (comparativement à leur taille). A titre de comparaison, un centaure adolescent est aussi fort qu’un Shire anglais adulte. Aujourd’hui encore, nombre de centaures travaillent comme dockers et comme convoyeurs de marchandises, de père en fils.
Mais c’est dans le métier de taxis qu’ils se rendirent vraiment indispensables, face à la pénurie de chevaux et autres bêtes de somme. Il y avait un marché à conquérir, et c’est ce que firent nombre d’entre eux. Ils durent ravaler leur fierté légendaire pour accepter de s’atteler à des voitures comme de vulgaires chevaux de trait, et la concurrence face aux attelages classiques est rude, mais ils offrent le double avantage de ne pas souiller les routes avec des crottins, et sont également en mesure de défendre leurs passagers contre les gangs et autres aléas de parcours.

Tout n’offrent pas ce service de protection, mais en général on évite de s’en prendre aux cochers de 500 kg dont une simple ruade peut vous tuer sur le coup, sans compter qu’ils sont également en mesure d’employer des armes à feu comme le gangster moyen (à supposer qu’ils en possèdent, bien entendu). Les cochers (humains comme oniriens) qui ne veulent pas prendre de risques veillent à verser une « prime de sécurité » aux gangs des secteurs qu’ils couvrent, histoire d’être tranquille. Mais cette « protection » a un coût que beaucoup préfèrent ignorer par excès de confiance, par manque de moyens, ou parce qu’ils possèdent déjà de bonnes relations avec le milieu.

Peuple sylvestre et nomade à l’origine, leurs traditions druidiques se sont perdues dans le temps à cause de leur parfaite intégration sociale. Ce sont désormais des créatures urbaines au même titre que n’importe quel londonien de souche, et en tant que tels ils perpétuent désormais leurs traditions festives dans les pubs. Paradoxalement, peu de maisons et d’établissements publics sont adaptés à leur morphologie équine, aussi sont-ils souvent obligés de se réunir en terrasses ou dans les rares établissement conçus à leur attention. Diner en compagnie d’un centaure assis par terre a quelque chose de déroutant, même après plus d’un siècle de cohabitation.
Crédit illustrations : DeviantArt @liminalbean












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