L’I.A. et moi

L’I.A. et moi

Vous vous demandez sans doute d’où proviennent toutes les illustrations qui égayent mes posts sur Vestiges. Les plus observateurs ou initiés d’entre vous l’auront sans doute déjà compris. Spoiler : ce ne sont pas des créations humaines.

Disclaimer. Ce qui suit n’est pas une étude approfondie du sujet, encore moins une thèse. Je laisse ce plaisir métaphysique à mon très bon ami Alexandre Declos 😉
Ce n’est que ma lettre d’intention.

Commençons par ce que j’estime le plus important : je n’ai que peu d’affection pour cet engouement démesuré autour des IA génératives. S’il est vrai qu’elles peuvent rendre certains services, dans bien des domaines, je les vois comme des compléments à nos activités respectives, et en aucun cas comme nos futurs remplaçants. Des outils, des aides, totalement dispensables à la création. Ce n’est pas de la résistance moribonde au changement, c’est une prise de recul parfaitement raisonnée, n’en déplaise aux tech-addicts.

Ce que ces bouts de code sont en mesure de produire n’est qu’une resucée approximative de données existantes basée sur des estimations statistiques. Un peu comme le retargeting publicitaire qui vous propose sur vos propres pages sociales d’acheter des services ou des produits que vous consommez déjà. Bref, sur le principe, on tourne en rond. Pour élargir ses horizons et participer à l’enrichissement culturel, on a fait mieux, vous ne trouvez pas ?

Alors oui, tout processus de création passe nécessairement par une étape de reproduction. Ce que l’on imagine est influencé par ce que l’on a déjà appris, inné ou acquis. Nos créations humaines peuvent se résumer à un assemblage de briques piochées dans le bac à Lego du passé. Avec à chaque fois un petit truc en plus (du moins idéalement). Parfois ce truc en plus n’est rien d’autre qu’une façon inédite d’assembler ces fameuses briques.

Et parfois le feu sacré nous permet de créer de nouvelles briques, mais c’est de plus en plus difficile, il faut le reconnaître. A notre époque, tout ou presque a déjà été imaginé. Certains se plaisent même éhontément à surfer sur des clichés surannés. Impossible par exemple de chercher un livre sans tomber sur une énième romantasy impliquant un vampire ou un loup-garou, voire les deux, et si c’est dans une académie obscure c’est encore mieux. C’est tellement courant et assumé qu’on a baptisé le concept : nos fameux « tropes ».

Pourtant, chaque auteur retraitera un concept existant d’une façon personnelle, en y apportant son identité, sa signature personnelle, issue de ses propres expériences, émotions, aspirations, leçons qu’il en aura tirées… bref tout ce qui pour moi le définit en tant qu’humain, et qu’un vulgaire programme ne pourra que tenter de simuler. Et encore, simuler des processus créatifs inhérents à notre cerveau si complexe, en tenant compte de notre personnalité, de notre passé, c’est encore largement de la SF voire du gros délire. On en est loin, très loin. Et d’ailleurs, tant mieux. Je ne veux pas vivre dans un monde où la culture serait entre les mains de programmes informatiques.

Alors pourquoi, me demanderez-vous, cet imbécile se permet de coller un bonnet d’âne à SkyNet alors qu’il annonce en préambule utiliser une IA pour ses propres images ?

Dans ta face, Roro. Pour faire court : c’est clairement une solution de repli, par manque de temps et de moyens. Et je le déplore.

Manque de temps, d’abord, car mon premier réflexes a été de me remettre au dessin, passion qui m’avait accompagnée jusqu’à l’âge adulte, mais on ne s’improvise pas graphiste en quelques jours, même en partant avec mes bases. Cette discipline est un métier à part entière. Or je voulais sortir Vestiges sans attendre plus longtemps. Par ailleurs, comme une écrasante majorité d’auteurs, j’ai un « vrai » métier à temps plein qui ne me laisse que peu de temps pour écrire et alimenter blog et réseaux sociaux. Pas le temps de dessiner. Lorsque je veux poster un article, je peux produire la ou les illus souhaitées en quelques minutes.

Manque d’argent, ensuite, car mandater un graphiste pour produire autant d’illustrations représenterait une fortune colossale (et aussi un certain délai). Je suis auto-édité, et l’édition de mes trois premiers livres représente déjà un investissement conséquent (je vise uniquement à toucher mon lectorat pour le moment). Entre autres choses, notons que la couverture des trois tomes de Vestiges ont été confiées à Bia Andrade, et toutes les cartes intérieures à Lucie Duclos, deux artistes talentueuses et bien vivantes. Pour le contenu graphique des livres en eux-mêmes, l’oeuvre finale que vous pouvez tenir entre vos mains, il était impensable de me passer d’artistes.

Pour le blog et mon bookstagram, c’est une autre histoire : on est plus dans le fast-food informatif, le teasing, pas besoin de travailler une identité visuelle trop léchée pour mon histoire. Et cela ne me coûte qu’une dizaine de neuros par mois. Bien sûr, des tas de graphistes utilisent l’IA pour générer des éléments qu’ils intègrent à leur scène en les retravaillant. L’IA ne joue alors que le rôle de brique dans l’assemblage global, elle ne s’y substitue pas. Je n’inclue pas dans cette parenthèse les artistes autoproclamés escrocs qui ne bossent que sur du prompt et se foutent finalement bien de notre gueule.

Pour l’heure, j’utilise MidJourney pour illustrer mes posts, en essayant de garder un style BD franco-belge à titre d’identité visuelle (pure caprice de ma part s’inscrivant dans la continuité des BD qui m’ont vu grandir). C’est approximatif, parfois discutable, il faut trier les innombrables propositions pleines de glitches (essayez de produire un personnage avec une épée ou des mains normales, je vous souhaite bien du bonheur), mais j’arrive à peu près à obtenir ce que je veux, pour peu que je n’essaye pas de réutiliser le même personnage deux fois de suite…

Globalement, le résultat obtenu est, au mieux, satisfaisant (avec quelques coups de coeur/de bol pour les illustrations des Traqueurs, que vous verrez prochainement), mais il remplit l’objectif visé : ébaucher une empreinte visuelle de mon univers à titre purement promotionnel.

En guise de conclusion personnelle, je dirais que l’IA ne produit pas de l’art, mais elle m’aide à produire du booksta. Et ça s’arrête là.

Allez, c’est pas tout ça mais j’ai une paire de cartes à travailler avec Lucie pour le tome 2… et sans IA 😉


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Bienvenue !

Auteur de romans de fantasy victorienne, je parle ici de mes livres, de leurs personnages et lieux emblématiques, et de tout ce qui a pu inspirer ou participer à leur naissance.

Mes livres

Vestiges – T1 : Conspirations

Vestiges – T2 : Le Collectionneur

Vestiges – T3 : Apocalypses