Je commence une nouvelle série de Focus sur le monde de Vestiges, cette fois sur le thème des différents peuples mythiques qui côtoient les humains dans les cité-bastions de la Brume : les Oniriens. On ouvre le bal, si j’ose dire, avec un aperçu des Faunes, des êtres voués au plaisir et à la fête.
Aussi appelés Satyres dans la mythes grecs, les faunes sont les chantre de l’art musical, de la danse et, d’une façon générale, de la fête. Leur magie naturelle se distille dans les récitals et les ballets qu’ils donnent, envoûtant leur public. Quiconque se laisse entraîner dans cette farandole empathique vibre au son d’une même note que les autres participants, et perd rapidement toutes ses inhibitions pour s’abandonner totalement aux plaisirs de la fête, ce qui tend parfois à certains extrêmes que l’on finit par regretter au petit matin.
Si la bonne société conservatrice déplore encore les soirées fauniques comme autant de tristes exemples de débauche, la majorité des londoniens ont appris avec le temps à lâcher prise auprès d’eux, pour oublier un temps les affres de leur existence cloisonnée et d’un quotidien morne ou pénible. Il est devenu communément admis de se laisser aller sans retenue lors de tels événements. Sitôt passée la porte de l’établissement ou les grilles du square, la vie et ses mœurs reprennent leur cours. Les apparences et l’image redeviennent prioritaires, et l’on n’évoque qu’à demi mots le déroulement de la dernière soirée. Mais on revient dans le monde avec un peu plus de couleur aux joues et de baume au coeur.
Il est aisé de comprendre l’importance de la place qu’occupent tacitement ces créatures dans une société du deuil, une société enclavée dans des bastions en sursis avec pour seule perspective d’avenir l’assurance de ne pouvoir échapper à cette prison de Brume et, pour beaucoup, à leur propre condition.
Les Faunes étant des êtres de pure passion, ils n’ont pas leur place à des postes qu’ils qualifieraient d’ennuyeux, ce qui pour eux serait presque aussi néfaste que l’Ennui pour le Petit Peuple. Attelez un faune à des travaux administratifs avec l’obligation de suivre des procédures définies à l’avance, et vous aurez une démission sur les bras avant le crépuscule, voire un crise d’angoisse carabinée.
Ils se complaisent donc dans des rôles où l’empathie, l’intuition, la sensibilité, sont des qualités indispensables avant d’être des défauts : artistes de music hall ou simples saltimbanques pour les plus pauvres, professeurs de musique, chant, danse… Les plus aptes à mener une vie un tant soit peut organisée deviennent des organisateurs de fête, souvent réputés dans la bourgeoisie et l’aristocratie.
Quoiqu’il en soit, l’hédonisme reste une constante dans leur existence, qu’ils y entraînent les autres ou pas, qu’ils en fassent leur métier ou non.













Laisser un commentaire